Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté
Charles Baudelaire, Élévation
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté
Charles Baudelaire, Élévation
Ils parvinrent au port sans trop de difficultés, quoique fort tard dans la matinée : le premier objectif était atteint, et la saucisse désirée, attendue, pour ne pas dire espérée, bien calée dans leur sac. Le crachin s’épaississant à mesure que la faim grandissait et que le courage de les affronter tous deux s’amenuisait, ils renoncèrent cependant à pousser jusqu’à la pointe et préférèrent rejoindre tranquillement le bercail.
L’heure tournait, lentement, très lentement, et l’idée qui n’avait d’abord fait que l’effleurer s’imposait maintenant comme une quasi-certitude, malgré ou grace à la douce torpeur dans laquelle l’avait progressivement plongé le mauvais rosé de Provence : un homme qui lisait Sénèque dans le texte en égrenant le maïs doux d’une « salade d’accueil » fatiguée, assis sur la moleskine rouge d’un grill à l’ambiance western un dimanche après-midi de septembre ne pouvait pas être complètement honnête.
Sans plus penser à la faveur que le destin habituellement si avare lui concédait en lui révélant avant qu’il ne soit trop tard la véritable nature de l’inconnu en casquette de trappeur rencontré le matin même au rond-point de la zone des Champs Fleuris, elle résolut de terminer son escalope de dinde sauce Memphis.
Plus je vieillis, plus j’éprouve de difficulté à ce que d’autres partagent avec moi et à mon initiative le plaisir de lire et de relire Modiano.
Gouttes sur le nez
Le vent siffle et décoiffe
L’été aux arrêts