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1994-1995 : Madagascar et Burkina Faso (micro-économie, approche filière, ingéniérie de formation)
Premier diagnostic des systèmes de production d’un fokontany des hautes terres centrales à Madagascar
J’ai eu la chance de travailler pour mon mémoire validant la spécialisation en agronomie tropicale de mon diplôme d’ingénieur agronome de l’école nationale supérieure agronomique de Montpellier (ENSA-M) et de mon diplôme d’agronomie tropicale de l’école supérieure d’agronomie tropicale avec un condisciple catalan sur les systèmes de production d’un petit village des hautes-terres centrales de Madagascar. Ce petit village situé à l’est de l’axe Antananarivo-Antsirabe, non loin d’Ambohitompoina n’avait pas fait l’objet détudes. Notre travail consistait à caractériser les systèmes de production en place et leurs relations. Nous avons en particulier élaboré une typologie des exploitations agricoles sr la base d’une enquête utilisant des méthodes de diagnostic rapide et participatif. L’école d’agronomie d’Antananarivo était intéressée par ces premiers travaux, notamment pour intégrer nos travaux à une thèse en préparation. Ce travail, au point de rencontre entre la géographie (nous souhaitions entre autres marcher dans les pas de Claude Raison, dont les travaux font autorité en matière de description des systèmes de production dans cette partie de Madagascar), de l’agronomie, de la micro-économie et de l’anthropologie visait aussi à proposer en les argumentant des actions à engager par une petite organisation non gouvernementale locale.
Structuration de la filière « litchi » à Madagascar
Au cours de mon année d’application à l’établissement national supérieur agronomique de Dijon (ENESAD) , j’ai travaillé, avec mon unique collègue de promotion dans ma spécialité, toujours à Madagascar, sur un projet de développement agricole qui visait entre autres objectifs à explorer les options possibles pour mettre en place une organisation de producteurs de litchis en étudiant l’organisation de la filière. À l’époque, la collecte et l’exportation des litchis se traduisaient par une sorte de « ruée vers l’or » dans laquelle s’engageaient de multiples opérateurs, des chauffeurs de taxis de Tananarive qui migraient à la période de la récolte avec leurs véhicules aux exportateurs indo-pakistanais de Tamatave qui contrôlaient l’exportation des fruits par voie aérienne ou par bateau.
Dans cette effervescence comparable à un western (easgtern, en l’espèce, car les fruits étaient collectés principalement sur la côte Est de l’ile) les producteurs, faute d’être unis, étaient dans une position défavorable lorsqu’il s’agissait de fixer les prix payés par les collecteurs, eux-mêmes au service des exportateurs puissants et peu nombreux.
Nous avons, après avoir décrit la manière dont la filière litchi était structurée, formulé des propositions pour la structuration d’organisations représentant les producteurs.
Formation des ingénieurs et techniciens du génie rural au Burkina Faso
Nous avons aussi réalisé une mission d’appui à une école d’ingénieurs (l’école inter-états de l’équipement rural – EIER) et une école formant des techniciens (l’école inter-états des techniciens supérieurs de l’hydraulique et de l’équipement rural – ETSHER). Ces deux établissements accueillaient des étudiants provenant de plusieurs pays d’Afrique francophone à Kamboinsé, près de Ouagadougou, au Burkina Faso.
Il s’agissait, à partir d’un diagnostic basé sur des entretiens et des visites de terrain, de formuler des propositions pour mieux adapter le contenu des enseignements aux besoins des techniciens formés dans cette école lorsqu’ils se trouvaient en situation professionnelle sur le terrain. Il s’agissait d’un exemple pratique d’ingéniérie de formation.
1995-1996 : volontaire de l’aide technique sur l’île de Grande-Comore
Dès ma titularisation en tant qu’ingénieur d’agronomie, c’est à dire la concrétisation de mon recrutement en tant que fonctionnaire du ministère de l’agriculture, j’ai été appelé à accomplir mon service national pour une période de dix-huit mois, non pas sous les drapeaux mais en tant que volontaire de l’aide technique sur l’île de Grande-Comore, l’une des trois îles qui formaient alors la République fédérale islamique des Comores (désormais appelée Union des Comores), l’archipel comprenant aussi une île devenue depuis un département français : Mayotte.
Le projet de développement auprès duquel j’étais placé était un projet de développement de type « gestion de terroir », et j’étais responsable du nord de l’île, basé à Mitsamiouli. Le projet consistait à apporter aux paysans une aide en matériels et techniques de culture, pour leur permettre de générer des revenus. Les solutions que nous proposions visaient à améliorer les résultats obtenus par les agriculteurs sur des cultures et des productions animales qu’ils pratiquaient déjà ou à développer de nouvelles productions qui correspondaient à une demande sur le marché (comme par exemple les produits du maraîchage).
L’île de Grande-Comore est, comme les autres îles de l’archipel, d’origine volcanique, et les systèmes de production agricole y exploitent les différents types de sol formés sur ce substrat. À proximité de la mer, sur les pentes remontant vers la partie centrale de l’île, les paysans exploitent dans un système agro-forestier à plusieurs étages : des cultures à la base de l’alientation quotidienne, telles que le manioc, le taro ou les bananiers près du sol, des cultures de vanille destinées à la vente, le tout sous des cocotiers exploités pour la noix de coco et pour leurs feuilles, le tout parcouru par des chèvres plus ou moins bien gardées. Il s’agit de la djiva comorienne.
Le projet dont je m’occupais avait notamment réalisé des citernes permettant de récupérer l’eau de pluie pour arroser les cultures maraîchères, ou encore la production en pépinière de plants de légumineuses arbustives telles que Calliandra calothyrsus, ou Gliricidia sepium, pour les distribuer aux producteurs pour nourrir les animaux, créer des clôtures vivantes limitant la divagation, permettre, lors du recepage de ces haies arbustives et le transfert d’azote (fixé par les mycorhizes) vers les sols de la djiva.
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