Soigner ou rendre malade : nous avons le choix

Dans une tribune au site Web du quotidien L’Humanité le 22 décembre 2025 (que j’archive ici : L’agriculture peut soigner ou rendre malade : il est temps de choisir), Frédéric Apollin, directeur général délégué de l’ONG Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) rappelle les inquiétudes pour la santé humaine et la biodiversité suscitées par le recours massif aux pesticides qu’implique le système de production alimentaire dans lequel les pays industrialisés se sont engagés. Ces inquiétudes sont partagées par les citoyens consommateurs et riverains des parcelles dédiées à l’agriculture, mais aussi par les scientifiques qui voient jour après jour s’accumuler les preuves du caractère nocif à court, moyen ou long terme des molécules utilisées pour obtenir plus d’aliments moins chers mais de moindre qualité nutritionnelle.

Le système actuel expose les populations du Nord à des risques sanitaires accrus, mais il touche aussi les populations des pays du Sud dans lesquels sont distribués des produits dont l’utilisation est désormais interdite dans l’Union européenne mais qui restent fabriqués dans nos usines. Ces molécules exposent de manière certaine la santé des paysans du Sud à des risques importants à moyen terme, tout comme celle des consommateurs, au Sud et au Nord.

Les populations exposées aux pesticides sont aussi victimes de la malnutrition, et les élevages industriels intensifs contribuent dans les pays en développement à l’émergence ou au retour de maladies du bétail transmissibles à l’homme, comme par exemple la brucellose.

Frédéric Apollin plaide pour le recours à l’agroécologie paysanne, un système de production alimentaire qui préserve l’environnement et n’accroît pas les risques pour la santé humaine, tout en maintenant la viabilité économique des exploitations.

À l’approche de l’adoption par l’Union européenne du paquet Omnibus VII qui reviendrait sous couvert de simplification réglementaire à priver le législateur européen de toute possibilité de réexaminer périodiquement à la lumière des données scientifiques les plus récentes l’autorisation de mise sur le marché de nombreuses molécules pour la retirer ou l’amender en fonction du risque qu’elle fait courir aux populations et à la biodiversité, l’auteur exhorte les citoyens et leurs représentants à faire le choix de société qui s’impose : celui de la santé et de la viabilité économique et environnementale de notre système de production agricole et alimentaire.

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