Mercredi, blog [mobile]

Wangari Maathai et le SIDA

Quand le Pape ou l'un de ses cardinaux glissent sur un préservatif, on s'en soucie et on s'en inquiète. En octobre 2003, le sémillant cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo expliquait, à l'occasion d'un documentaire diffusé sur la BBC, que les préservatifs ne protégeaient pas efficacement contre le VIH et qu'ils n'étaient par conséquent pas utiles pour lutter contre l'épidémie de SIDA. Ces déclarations profondément stupides et sans fondement scientifique avaient été jugées criminelles ou pour le moins dangereuses.

Voici qu'en 2004, une africaine reçoit le prix Nobel de la Paix. On s'en réjouit, parce que c'est une femme, parce qu'elle est africaine, parce qu'elle est « verte », parce qu'elle donne l'impression de vouloir faire de la politique d'une manière différente dans son pays.

Avant d'aller chercher sa médaille à Stockholm, la future lauréate fait des déclarations, elle communique avec la presse. Un site officiel consacré exclusivement à Wangari Maathai est créé pour l'occasion. À plusieurs reprises, elle évoque devant des journalistes une vieille théorie conspirationniste bien puante et presque aussi stupide que les élucubrations du cardinal allergique au latex : le VIH, créé par des scientifiques, ne serait-il pas une arme de destruction massive pour infecter les noirs d'Afrique, provoquer chez eux l'apparition du SIDA et les éliminer en grand nombre ?

Quelque chose m'a peut-être échappé, mais je ne me souviens pas d'avoir beaucoup entendu parler de ces âneries.

C'est surprenant.

Difficile au passage, de confirmer l'information deux mois après, avec des sources crédibles.

Quelques liens sur les théories évoquant une conspiration pour expliquer l'apparition du VIH et la propagation du SIDA :

19 décembre 2004, 13:44

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