Reprise d'une nouvelle publiée sur Slashdot.
En Turquie, un éditeur bénévole de l'annuaire DMOZ a été condamné à 10 mois de prison pour s'être occupé d'une catégorie du répertoire où il classait des sites en rapport avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
« H. Ertas, un éditeur turc de l'Open Directory Project (www.dmoz.org) a été condamné à 10 mois de prison après avoir été reconnu coupable d'éditer une catégorie relative au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L'avocat d'Ertas, Suna Coskun, a expliqué que son client avait contribué au projet Open Directory en tant que bénévole pendant ses études à l'université et avait été responsable de la catégorie en langue kurde. Au même moment, il s'était intéressé aux kurdes et avait entrepris ses propres recherches sur le sujet. En tant qu'éditeur bénévole, il avait alors trié les suggestions de sites transmises au répertoire, mais ne pouvait être responsable de leur contenu. Selon Coskun, il ne pouvait y avoir d'infraction selon le droit international. Ces activités ne pouvaient en aucun cas être assimilées à un « soutien à une organisation terroriste », et Ertas aurait dû logiquement être libéré. La cour a condamné Ertas à 10 mois de prison assortis d'une amende de 416 millions de livres turques (293 USD). »
En plus d'éclairer la sensibilité des questions relatives à la minorité kurde en Turquie, cette nouvelle rappelle que l'ODP a fait, depuis sa création, le choix de l'objectivité. Parmi les sites qui répondent aux critères résumés dans les directives éditoriales, les seuls à être réellement proscrits sont ceux dont le contenu peut être considéré comme illégal aux États-Unis, et ceux qui relèvent de quelques rares choix propres au projet (comme par exemple le refus des sites à caractère pédophile présentés sous une forme destinée à contourner les lois interdisant la publication de ce type de contenus). Pas d'enfer dans cette sorte d'immense bibliothèque.
L'une des caractéristiques de l'annuaire DMOZ est de faire appel à des bénévoles répartis dans le monde entier, et ce qui est légal aux États-Unis peut très bien être illégal ailleurs... Dans de nombreux pays, il est par exemple illégal de visionner des contenus à caractère pornographique, et a fortiori de les diffuser ou d'en assurer la promotion. Dans certains cas, la diffusion ou la promotion de contenus racistes, xénophobes, ou antisémites est interdite.
Pour les éditeurs bénévoles confrontés aux sites suggérés par les utilisateurs du répertoire, publier un lien assorti d'un titre et d'une notice peut être considéré comme une infraction. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'aller en Turquie pour s'en rendre compte : je pense par exemple que la publication dans l'annuaire d'un lien vers un site négationniste ou encore vers un site présentant l'Église de Scientologie sous un jour favorable pourrait poser problème à un éditeur de France...
Aucune contribution n'est imposée aux éditeurs et dans le doute, on peut s'abstenir, par crainte d'être poursuivi ou plus souvent par refus de contribuer, indirectement, à la promotion d'idées nauséabondes, tout en acceptant qu'elles aient leur place dans une collection qui se veut exhaustive.
Alternatives Electroniques: Dix mois de prison pour un éditeur Dmoz
Thomas, éditeur méta de l'ODP, propose une traduction de cette news en français dans son carnet web.
Toutefois, la news Slashdot a tendance a légèrement interpréter la décision de justice rendue... Il n'est par exemple pas dit dans le texte original...
29.11.2004, 17:53
Turquie : un éditeur DMOZ en prison, publié pour faire connaître dmoz.
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29 novembre 2004
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Mercredi, carnet Web personnel
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