Courtes notes sur ce documentaire sur les violences et notamment la torture pendant la guerre d'Algérie.
Le bruit des dernières élections présidentielles aux États-Unis a presque couvert le cinquantenaire du déclenchement de la guerre d'Algérie. Je n'aime pas trop le journalisme de commémoration, mais pour le coup, il y avait des choses à écouter, à voir et à regarder. France 3 a par exemple rediffusé en deux parties un documentaire réalisé en 2002 : L'ennemi intime, de Patrick Rotman. Je n'étais pas disponible le soir de l'émission : je l'ai enregistrée sur une cassette vidéo. J'ai bien fait car je crois je n'aurais pas pu regarder le film en une seule fois.
Je n'ai presque jamais entendu vraiment parler de la guerre d'Algérie, ni à la maison, ni à l'école. Je suis né une dizaine d'années après la fin des événements qui ont tellement marqué la mauvaise conscience collective en France qu'il a fallu attendre près de quarante ans et une loi pour qu'on puisse, officiellement, les appeler par leur nom.
L'Ennemi intime donne la parole à des hommes qui ont tous participé aux opérations, en tant qu'appelés, rappelés, cadres ou soldats de métier, à un harki et, brièvement, au sinistre général Aussaresses.
J'ai été frappé par le fait que ces hommes parlent à visage découvert, en face à face avec la personne qui conduit l'entretien et qui se trouve hors-champ (sauf pour Aussaresses, filmé avec son interlocuteur).
Très peu expriment des regrets. Tous expliquent comment ils ont basculé, à partir d'un certain moment, pour des raisons qui ne correspondent souvent pas à ce qu'ils étaient avant. Et puis il y a cet ancien officier, ancien résistant qui, les larmes aux yeux, se compare aux SS qu'il combattait dans le maquis.
Vous parcourez Mercredi, blog personnel de Thomas. L'ennemi intime, de Patrick Rotman a été publié pour prêter l'oreille.
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