Réserver et utiliser un nom de domaine, c'est dire adieu à l'anonymat.
Se faire googler n'est surprenant que quand on ignore qu'on se fera un jour googler. Parfois, c'est amusant : pour des retrouvailles auxquelles on ne s'attendait pas, lorsqu'il y a de fausses pistes (de temps en temps, je suis confondu avec un cuisinier marseillais, dont j'espère qu'il m'invitera un jour à sa bonne table sur le Vieux-Port), etc. C'est, plus rarement, l'occasion de rencontres et d'échanges virtuels ou réels, toujours précieux.
Lorsque j'ai commencé à bricoler sur le Web, j'ai laissé sans m'en rendre compte beaucoup de traces. J'ai mis du temps à m'en apercevoir, à ne plus m'en inquiéter et à l'accepter, d'autant que j'ai cédé plus ou moins volontairement ces informations, et que celles que je ne contrôle pas ne sont pas vraiment sensibles. Pour qui veut tirer et suivre le bon fil, une sorte de « trajectoire », cohérente en apparence, se dessine en quelques minutes.
Ça ne me dérange plus, depuis que je sais le côté superficiel et très incomplet du portrait. Ainsi, les principaux événements qui ont marqué ma vie « réelle » au cours de ces 6 dernières années, les personnes et les lieux qui étaient associés de près ou de loin à ces événements sont presque absents ou illisibles si l'on ne sait comment commencer à dérouler la pelote. Mais l'anonymat est définitivement perdu en ce qui me concerne.
D'une certaine manière, c'est rassurant : le fait de savoir que ce que je publie ici ou là pourra très facilement être retrouvé et croisé avec d'autres informations fonctionne comme une sorte de garde-fou. Comme il y a finalement assez peu de choses dont je puisse vraiment avoir honte, c'est même parfois assez utile pour les autres qui se trouvent détrompés en quelques instants s'ils pensaient découvrir, par leurs propres moyens, le costume hideux de l'effroyable pédonazi parcourant l'internette que ça fout la trouille à la recherche de chair fraîche que je dissimule dans mes placards pour l'endosser les soirs de pleine lune.
En essayant de jouer le candide pour me retrouver, je me rends compte que l'affaire, de l'extérieur, n'est pas absolument évidente. Google y suffit par exemple, mais il faut sauter plusieurs fois pour retomber aux bons endroits.
Dans les cas où le pervers à démasquer a choisi (imprudence !) de rendre accessibles ses bavardages suspects sur un nom de domaine, interroger la base WHOIS est presque toujours le plus court chemin (si, en achetant le droit d'utiliser ce nom de domaine, le fourbe n'a pas indiqué de fausses informations).
Le service que je trouve le plus pratique pour récupérer ces informations est whois.sc. Pour tout lire, il suffit de rajouter à l'adresse http://whois.sc/ le nom de domaine à explorer (http://whois.sc/nomdedomaine.com). Mieux vaut savoir que des données personnelles souvent fort détaillées se trouvent de cette façon à quelques cliquetis de clavier. En elles-mêmes, ces informations ne permettent pas grand chose, mais ce sont des outils redoutables pour dérouler les pelotes, en interrogeant ensuite Google, par exemple. Si l'on s'en soucie et qu'il est déjà trop tard, il ne reste guère que le lavage en machine.
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