À propos de L'inconsolé, un roman de Kazuo Ishiguro, et d'un album de Pierre Duba et Daniel Janneteau, À Kyoto.
J'ai déjà parlé brièvement de ce qui peut mettre un livre entre mes mains.
L'inconsolé, de Kazuo Ishiguro, et À Kyoto, de Pierre Duba et Daniel Jeanneteau me sont parvenus par prescription, et ce sont deux très bonnes surprises.
Mon attention avait été attirée sur L'inconsolé par une citation sur un autre carnet Web, et quelques autres ensuite. Volume vite emprunté à la bibliothèque, puis, voyant que je n'arriverai pas à le terminer assez tôt pour éviter l'amende, acheté en librairie, en poche et en traduction (au passage, votons pour l'abolition des quatrièmes de couverture qui nuisent gravement à l'envie de tourner les pages).
Monsieur Ryder est un pianiste de renommée internationale. Il débarque dans l'un des hôtels d'une petite ville où il est attendu pour un spectacle exceptionnel, dans lequel il a un rôle essentiel à jouer. Le roman est le récit par Ryder des jours qui précèdent l'événement.
Le fil de ces quelques jours est une sorte de longue glissade. Rien ne se passe comme prévu, et Ryder, qui paraît parfois avoir complètement oublié pourquoi il est venu, se laisse progressivement submerger par ses propres souvenirs, ses démons, et ceux d'une multitude d'admirateurs qui tous attendent de lui et de « l'événement » quelque chose de précis, de décisif... et de différent. Ryder lutte (un peu) pour reprendre pied, semble sur le point de se noyer dans ce flot d'histoires enchevêtrées, de se perdre dans le décor de cette ville dont les lieux se distendent ou se contractent, communiquent par des portes dérobées. Chaque détour imprévu et subi, chaque vrai-faux raccourci emprunté pour essayer (sans succès) de reprendre la main sur l'emploi du temps supposé contribue en fait à recomposer le passé du pianiste et de ceux qui le sollicitent.
J'ai lu ce (gros - un peu plus de 600 pages) livre petit à petit, et j'ai été conquis. Voilà une sorte de commode à tiroirs dont certains m'ont sûrement échappés et qui ne va pas s'éloigner longtemps de ma table de chevet. Je ne partage d'ailleurs pas entièrement cet avis : ce sont précisément les longues digressions à assembler progressivement, comme les pièces d'un puzzle, qui m'ont poussé à aller jusqu'au bout, et me pousseront sans doute à refaire le parcours...
À Kyoto m'est arrivé quant à lui par une image et une courte note dans la rubrique Livres du Monde diplomatique de juillet.
Très peu de textes, des dessins qui ressemblent à des esquisses, des rêves ou des cauchemars rouges, verts et noirs. J'ai été séduit.
Offert illico puis acheté à nouveau pour le garder jalousement ;-).
La présentation qui en est faite sur le site de 6 pieds sous terre éditions donne suffisamment envie de courir l'acheter, je n'ai pas besoin d'en écrire beaucoup plus.
Vous parcourez Mercredi, blog personnel de Thomas. Lectures d'été a été publié pour lire.
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