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Texte complet de tous les billets publiés en mars 2004 sur Mercredi.
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Ousmane Sow est né il y a un peu moins de 70 ans au Sénégal. Quasiment inconnu jusqu'en 1984, 20 ans passés en France et, en 1999, cette exposition extra-ordinaire sur le pont des Arts, à Paris, dont les sculptures ont été vues par plus de trois millions de visiteurs. Ce sculpteur, pour moi, ce sont des matières et des textures inoubliables.
Du 14 mars au 23 mai 2004, quelques oeuvres d'Ousmane Sow et un film le présentant en train de travailler seront visibles en Moselle, au chateau de Malbrouck, à Manderen (endroit curieux en lui-même, point de jonction entre les frontières française, luxembourgeoise et allemande, à deux pas des tours imposantes de la centrale nucléaire de Cattenom). Interdit de passer à côté...
5.04.04 : Photos de l'exposition Ousmane Sow en Moselle. 13.05.04 : Description de l'exposition et informations pratiques.
Ousmane Sow en Moselle, 05.03.2004, 02:20
« are you one of the beautiful people is my name on the list wanna be of the beautiful people wanna feel like i'm missed » Eels, Guest list (Beautiful Freak)
Cet album (1996) ne semble pas vieillir.
Les robots indexeurs des moteurs de recherche, comme Google, sont-ils gravement handicapés ? Presque aveugles, sourds, incapables de manier la souris, tributaires du contexte pour évaluer le poids à donner à une page par rapport à quelques termes de recherche : ils cumulent les handicaps. Une façon de dire que se préoccuper de rendre ses pages Web accessibles au plus grand nombre, c'est, indirectement, mettre toutes les chances d'apparaître de manière pertinente dans les pages de résultats des moteurs de recherche de son côté... en commençant par les oublier lors de la conception du site !
Accessibilité et moteurs de recherche, 13.03.2004, 09:32
En parcourant le forum accessibilité de Webmaster Hub, je tombe sur une expérience que j'aimerais faire depuis longtemps : échanger en direct avec un utilisateur du Web ayant un handicap.
Se préoccuper de rendre les contenus qu'on publie sur le Web accessibles au plus grand nombre et en particulier aux personnes qui ont un problème de vue, qui ne peuvent utiliser certains périphériques comme la souris, qui doivent naviguer avec un matériel ou un logiciel adapté, c'est bien, et je pense que ça me concerne. Il ne s'agit pas vraiment pour moi d'améliorer ces très modestes pages (dont la structure et l'habillage sont très loin d'être achevés, et propres), mais surtout de fixer quelques idées à garder en arrière-plan lorsque je suis amené dans mon travail ou mes activités annexes à évaluer, critiquer, commander même, des contenus Web...
Je crois comprendre que ça ne profite pas seulement aux personnes handicapées mais aussi à tous, humains pur jus ou robots farceurs.
Bien sûr, je pourrais lire (et je lis de temps en temps) quantité de bons conseils, essayer modestement de les appliquer, tester et retester le résultat...
Mais tout cela reste très théorique pour moi. Je n'ai par exemple aucune idée de la manière dont fonctionnent les lecteurs d'écran qu'utilisent les aveugles, et de ce que donnent les quelques pages que je publie ici après leur passage dans la moulinette d'un synthétiseur vocal.
Et des témoignages de première main qui m'aideraient à me représenter les problèmes concrets que pose à une personne handicapée la navigation sur le Web, je n'en ai pas trouvé beaucoup (apparemment, je ne suis pas le seul...).
Ceci est une invitation (sérieuse) à échanger, en vrai et en direct, sur la question. Mais comme ce carnet aurait sûrement besoin d'être modifié pour être lisible par mes invités, j'ai un peu l'impression de jeter une bouteille à la mer, là...
Accessibilité : une invitation, 15.03.2004, 10:40
Domrémy-la-Pucelle, d'où est partie Jeanne d'Arc : voilà un de ces lieux que je me promettais de visiter depuis que je suis lorrain d'adoption. Comme Verdun ou Douaumont, mieux vaut sans doute y éviter les promenades solitaires pas jours de pluie, mais l'occasion de faire en bonne compagnie et sous le soleil le voyage de Domrémy s'étant présentée la semaine dernière, j'en ai profité.
Première surprise : Domrémy est dans les Vosges, et pas dans la Meuse, comme je le croyais. Enfin, presque dans la Meuse, qui traverse le village et serpente paresseusement au fond de sa vallée. La faute à Péguy, sans doute, et à de vieux souvenirs de feuilletage en Pléïade.
Et Domrémy, c'est un tout petit village. Des traces de Jeanne, il y en a finalement très peu : sa maison natale, la petite église où elle a été baptisée. À deux pas, l'inévitable boutique de souvenirs, mais tout ça reste discret : rien à voir par exemple avec les abords du sanctuaire à Lourdes. Il y a bien un « musée privé » un peu suspect, mais il était fermé lors de ma visite (il faut dire que pélerins et touristes se font rares au mois de mars).
Au dessus de la maison natale, un « centre d'interprétation » sur Jeanne d'Arc et son temps. Comme le dit la dame de l'accueil (trop) volubile et attentionnée « ici, on ne vend rien ». Autour de la vie de la pucelle d'Orléans, et peut-être justement parce qu'on n'avait pas grand chose d'authentique à montrer, on a installé une galerie multimédia qui place les événements dans leur contexte. Pour les nuls en histoire et les mécréants (dont je suis), c'est une bonne étape, même si on sourit un peu quand il faut s'asseoir et contempler la « scène de cour », un ensemble de mannequins en costume d'époque et une histoire racontée avec des jeux de lumière (d'après la dame de l'accueil toujours, c'est le clou du spectacle). Pas une hagiographie, et c'est très bien. L'image d'Épinal (on n'est pas loin de la fabrique de clichés, d'ailleurs) s'en trouve écornée : la pauvre bergère était en fait plus sûrement la fille de paysans aisés.
Rien par contre sur le cortège des théories fantaisistes, plus ou moins historiques, dont Jeanne d'Arc aura été le support, comme celles qui en font une princesse de sang royal, et peu d'informations sur la récupération de la pucelle par les nationalistes et va-t-en guerre de tout poil.
Dans l'église de Domrémy, les ex-voto et autres bondieuseries sont discrets. À la basilique du Bois-Chenu, c'est une autre affaire. Cette chose construite à la fin du XIXe siècle et consacrée à Jeanne d'Arc après sa canonisation en bonne et due forme est d'une laideur remarquable (effroyable ?), à l'intérieur comme à l'extérieur.
Les souvenirs guerriers (je n'avais pas idée du nombre d'avions, de chars, de régiments qui portent le nom de Jeanne d'Arc) et les démonstrations de piété les plus criardes se côtoient. [Note radine pour plus tard : le cierge est deux fois plus cher à la basilique qu'à l'église de Domrémy, par contre, on ne trouve l'irremplaçable Ciraprier (bande de cire à dérouler, on écrit ses intentions dessus, on enroule, on allume, on pose et on s'en va) qu'à la basilique...]
Peut-être suis-je de mauvaise foi. D'autant qu'une surprise m'attendait à la sortie. À côté de la basilique se trouve un restaurant, L'accueil du pélerin. Ce n'est pas une cantine à touristes pélerins, mais un lieu étonnant, tenu par une communauté de soeurs. On pourrait ne s'en rendre compte qu'une fois assis en regardant la carte : elle ne sont pas en habit. Ces soeurs appartiennent à une congrégation missionnaire fondée dans les années 1950 par Marcel Roussel-Galle, un prêtre de Besançon : les travailleuses missionnaires. La spiritualité de cette congrégation est proche de celle du Carmel, auquel elles ont été incorporées en 1984, mais ce ne sont pas des carmélites cloîtrées : elles sont dans le monde.
En plus de leurs activités pastorales, elles ont ouvert des restaurants (qui s'appellent en général « Eau Vive »). Il y en a par exemple en Polynésie, à Nouméa, ou encore à Bobo Dioulasso, au Burkina Faso.
À 14h00, les soeurs qui assuraient ce jour-là le service et celles qui étaient aux cuisines se sont rassemblées et, comme c'est l'habitude dans tous leurs restaurants, ont chanté l'Ave Maria. Le lieu est paisible, et on y mange merveilleusement bien (et pour pas cher...). Surtout, qu'on soit croyant ou non, cette sorte de témoignage tranquille a quelque chose de très touchant.
La surprise, pour moi, n'était pas de trouver là ce lieu extra-ordinaire, mais de le re-trouver (par hasard). J'ai en effet déjeûné il y a un peu moins de 10 ans à l'Eau Vive de Ouagadougou, au Burkina, et la personne qui m'accompagnait y avait déjeûné plus de 20 ans auparavant.
Curieux raccourci, mais le Bois-Chenu n'est pas un lieu comme les autres...
Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance, Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas. Meuse, adieu: j'ai déjà commencé ma partance En des pays nouveaux où tu ne coules pas.
Charles Péguy, Adieu à la Meuse (Le Mystère de Jeanne d'Arc)
La Meuse dans sa vallée, vue depuis un pré-verger bordant la route qui relie le village de Domrémy-la-Pucelle (Vosges) à la basilique du Bois Chenu, élevée à l'endroit où Jeanne d'Arc « entendait des voix ». Mars 2004.
Meuse endormeuse, 16.03.2004, 09:08
Quelques recettes malgaches, réunionnaises ou mauriciennes chez Saveurs tropicales. Miam !
Cuisine malgache, 17.03.2004, 01:57
Dans le désordre, quelques lectures et découvertes récentes :
Liens en vrac, 17.03.2004, 09:32
Pluie et grisaille aujourd'hui. Rien de tel qu'un peu de cuisine calorique pour se remonter le moral : je vais préparer un colombo de porc. Voici donc la recette de ce plat créole (antillais) qu'on déguste notamment en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Un bon antidote contre la mauvaise humeur.
Découvrez d'autres recettes de cuisine sur ce site.
Je précise qu'il s'agit de ma recette : le colombo a des variantes locales, comme le cassoulet, et il y a peut-être même autant de façons de le préparer que de cuisiniers ou de cuisinières.
La dernière fois, pour réaliser cette recette facile de colombo, il m'a fallu environ 25 minutes de préparation, et 1 heure 30 de cuisson.
Consulter une autre recette facile de colombo de porc sur ce blog.
Billet long. Poursuivre la lecture de Colombo : ma recette facile.
Colombo : ma recette facile, 20.03.2004, 04:23
En découvrant Blogomath, qui semble être le carnet de développement de différents outils exploitant les méta-données présentes sur les weblogs francophones, je tombe sur Blogocarte. Cette application permet de consulter une « carte de la blogosphère francophone » basée sur les adresses ICBM indiquées dans les balises du même nom ou dans les balises geo.position ajoutées aux weblogs qui notifient leurs mises à jour à Weweblogs.com.
Je vois passer le terme ICBM depuis longtemps, je me doutais qu'il s'agissait d'un acronyme, mais je ne m'étais jamais demandé à quoi il pouvait bien correspondre. Via la page principale de geoURL, une base de données rassemblant des pages Web géolocalisées (qui permet par exemple de découvrir ses « voisins »), je suis tombé sur l'origine de cet acronyme.
Ce terme provient du jargon des débuts d'Usenet, et se rattache aux balbutiements de la cartographie du réseau. Le sigle fait référence aux missiles balistiques intercontinentaux (Inter-Continental Ballistic Missiles) de la guerre froide, et aux 600 Ko]. Voir la note (2) au bas de la page 9 qui explique pourquoi le terme coordonnées est lui-même un néologisme assez récent (années 1960) emprunté aux maths quand on l'utilise pour parler de l'adresse d'une personne, ce qui n'est pas le cas ici, oui, je sais, j'exagère avec les commentaires associés à ce lien, et avec ces deux lignes dans un document de près de 100 pages, mais que voulez-vous, je suis un peu maniaque, et puis personne ne viendra lire jusque là. Les moteurs de recherche se moquent de ces balises title d'ailleurs, on ne gène personne, et puis si ça vous ennuie, personne ne vous oblige à passer votre souris au dessus de ce lien, hein ! Caressez les liens, ils vous le rendront au centuple...">coordonnées de leur cible (source : The Jargon file, version 4.4.7 du 29 décembre 2003).
Toujours via la page principale de geoURL, je note qu'un plugiciel (plugin) pour Movable Type permet la géolocalisation de chacun des billets.
Balises ICBM, 23.03.2004, 02:15
Pas très gaie cette histoire. C'est pas de saison. [via Tartiflette]
Découvertes et redécouvertes de ces derniers jours :
Liens en vrac (II), 24.03.2004, 10:30
Janique (via je sais plus qui, déchaîne les réactions les plus curieuses, mais j'ai trouvé intérêt à y repérer tout ce que je n'y lisais pas) n'a sans doute jamais participé à une MousseLorraine [via Iokanaan et par courriel : merci !].
Moi, si !
La prochaine est le vendredi 2 avril.
Sur ordre de mes femmes et mes docteurs, je suis privé de boissons fermentées ces jours-ci, mais rien que pour voir à quoi ressemblent Mouche et quelques autres, je ferai bien un petit passage ;-) (j'ai la permission de dix heures seulement, après, quelque chose se transforme en citrouille, mais je ne sais plus trop quoi...).
[pub] Mousser la quiche, 30.03.2004, 06:30
Le soufflet des révélations du journal Le Monde sur le contenu supposé explosif du dossier constitué pour le juge antiterroriste Bruguière dans l'enquête sur l'attentat contre l'avion qui ramenait le président rwandais Habyarimana à Kigali, le 6 avril 1994, semble partiellement retomber.
[ajout : c'est très curieux, j'avais repéré la semaine dernière une dépêche intéressante dans Libération sur laquelle je suis incapable de remettre la souris (disparue ?). On y annonçait que finalement la boîte noire de l'avion descendu le 6 avril 1994 n'était pas celle récupérée par l'ONU et exportée au siège à Washington avant d'être oubliée dans un placard.
Avec la possible implication du FPR et donc de Paul Kagamé, actuel Président du Rwanda et alors commandant du bras armé du FPR depuis l'extérieur du pays, la gestion plus que douteuse de la crise par l'ONU, impliquant directement Koffi Annan, était l'ingrédient le plus explosif du brulôt du Monde.
J'ai retrouvé cette information à la BBC, avec de grosses précautions et beaucoup de conditionnel. Troublant.]
La visite du site Web du TPIR d'Arusha est, en marge, saisissante. Une énorme machine judiciaire, des délais de jugement impressionnants, des condamnations très lourdes. On peut y consulter les minutes de la plupart des procès terminés ou en cours.
Tribunal pénal international pour le Rwanda, 30.03.2004, 08:16
L'inter-réseaux développement rural élabore périodiquement une lettre d'information de qualité présentant des ressources internet. Distribuée chaque semaine par courriel ou à lire sur le Web : la veille thématique de l'inter-réseaux.