Arthur Rimbaud, Sillages

Poèmes et textes d'Arthur Rimbaud
La rivière de Cassis
(Vers nouveaux)

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La rivière de Cassis

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La Rivière de Cassis roule ignorée
En des vaux étranges :
La voix de cent corbeaux l'accompagne, vraie
Et bonne voix d'anges :
Avec les grands mouvements des sapinaies
Quand plusieurs vents plongent.
 
Tout roule avec des mystères révoltants
De campagnes d'anciens temps,
De donjons visités, de parcs importants :
C'est en ces bords qu'on entend
Les passions mortes des chevaliers errants :
Mais que salubre est le vent !
 
Que le piéton regarde à ces claires-voies :
Il ira plus courageux.
Soldats des forêts que le Seigneur envoie,
Chers corbeaux délicieux !
Faites fuir d'ici le paysan matois
Qui trinque d'un moignon vieux.
 
Mai 1872.

Arthur Rimbaud  

À propos du poème "La rivière de Cassis"

Recopié au printemps 1872, « La rivière de Cassis » a probablement été composé à cette période : les promenades de Rimbaud autour de Charleville où il séjourne entre le début du mois de mars et le mois de mai l'ont sans doute inspiré.
 
Delahaye, l'ami fidèle, qui accompagnait Rimbaud dans certaines de ces randonnées indique que le titre désignerait la Semoy, dont les eaux sont parfois violettes, presque noires.
Certains, comme Jean-Luc Steinmetz, rapprochent le poème d'un autre texte « Les corbeaux »; les oiseaux noirs y représentent des soldats. C'est le sang de ces corbeaux-soldats, morts, qui rougirait les eaux de « La rivière de Cassis ».
 
Voir :
Biographie de Rimbaud, 1872.

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