Arthur Rimbaud, Sillages

Poèmes et textes d'Arthur Rimbaud
Âge d'or
(Vers nouveaux)

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Âge d'or

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Quelqu'une des voix
Toujours angélique
- Il s'agit de moi -
Vertement s'explique :
 
Ces mille questions
Qui se ramifient
N'amènent, au fond,
Qu'ivresse et folie ;
 
Reconnais ce tour
Si gai, si facile :
Ce n'est qu'onde, flore,
Et c'est ta famille !
 
Puis elle chante. Ô
Si gai, si facile,
Et visible à l'oeil nu...
- Je chante avec elle, -
 
Reconnais ce tour
Si gai, si facile,
Ce n'est qu'onde, flore,
Et c'est ta famille !...etc...
 
Et puis une Voix
- Est-elle angélique ! -
Il s'agit de moi,
Vertement s'explique ;
 
Et chante à l'instant
En soeur des haleines :
D'un ton Allemand,
Mais ardente et pleine :
 
Le monde est vicieux ;
Si cela t'étonne !
Vis et laisse au feu
L'obscure infortune.
 
Ô ! joli château !
Que ta vie est claire !
De quel Âge es-tu,
Nature princière
De notre grand frère ! etc...
 
Je chante aussi, moi :
Multiples soeurs ! Voix
Pas du tout publiques !
Environnez-moi
De gloire pudique...etc...
 
Juin 1872.

Arthur Rimbaud  

À propos du poème "Âge d'or"

Composé ou recopié par Rimbaud en juin 1872 (la date est celle qu'il porte lui-même sur le manuscrit qui nous est parvenu), « Âge d'or » ferme les quatres volets des « Fêtes de la patience », après « Bannières de mai », « Chanson de la plus haute tour » et « L'Éternité ».
 
Voir :
Biographie de Rimbaud, 1872.

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