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A Paul Demeny
Charleville, 10 Juin 1871
Les poètes de sept ans
Les pauvres à l'église
Voici, - ne vous fâchez pas, - un motif à dessins drôles: c'est une antithèse aux douces vignettes pérennelles où batifolent les cupidons, où s'essorent les coeurs panachés de flammes, fleurs vertes, oiseaux mouillés, promontoires de Leucade, etc... - Ces triolets, eux aussi, au reste, iront
Où les vignettes pérennelles,
Où les doux vers.
Voici: - ne vous fâchez pas -
Le Coeur du pitre
Voilà ce que je fais.
J'ai trois prières à vous adresser
brûlez, je le veux, et je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d'un mort, brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mon séjour à Douai : ayez la bonté de m'envoyer, s'il vous est possible et s'il vous plaît, un exemplaire de vos Glaneuses, que je voudrais relire et qu'il m'est impossible d'acheter, ma mère ne m'ayant gratifié d'aucun rond de bronze depuis six mois, - pitié ! enfin, veuillez bien me répondre, quoi que ce soit, pour cet envoi et pour le précédent.
Je vous souhaite un bon jour, ce qui est bien bon.
Écrivez à : M. Deverrière, 95, sous les Allées, pour
A. Rimbaud.
Monsieur Paul Demeny,
A Paris.
Arthur Rimbaud
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