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J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.
Arthur Rimbaud, Délires II - Alchimie du verbe
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> un forgeron noir
Et je vais dans Paris, noir, marteau sur l'épaule,... (Le forgeron)
ou
> une voile blanche
Blanche sous le soleil, la voile de Thésée,... (Soleil et chair)
> un ciel rouge
À l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...... (Bal des pendus)
> un banc vert
Banc vert où chante au paradis d'orage,... (Plates-bandes d'amarantes)
> des vins bleus
Et des taches de vins bleus et des vomissures... (Le bateau ivre)
> un bois jaune
Et verrai-je le bois jaune et le val clair,... (Michel et Christine)
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